Vers une mobilisation nationale de tous les secteurs pour l’éducation en Haïti

Vers une mobilisation nationale de tous les secteurs pour l’éducation en Haïti Le problème de l’éducation en Haïti prend ses racines dans le système social haïtien et dans la faible volonté politique. Il va donc falloir recourir à une mobilisation nationale de tous les acteurs socioculturels du pays : universités, syndicats, mouvements de femmes, associations culturelles, écrivains, artistes, partis politiques. Et ce, afin de réclamer à l’État un nouveau plan national d’éducation et de formation, axé sur l’utilisation des deux langues et sur une scolarité obligatoire pour tous les Haïtiens et dont le programme serait le même dans les écoles privées et publiques. Quel est l’intérêt d’une telle mobilisation ? Quel avantage présente-elle pour le développement ? On pourrait fort bien me dire que mettre le paquet sur l’agriculture trop négligée dans le budget national, ou sur la création d’emplois industriels et la construction des infrastructures suffirait à attirer les investissements afin que le pays connaisse un décollage économique. Je répondrais : j’entends des projets de cette sorte depuis que le concept de développement a pignon sur rue depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. À la vérité, on est enclin à oublier que le développement dans les sociétés occidentales a partie liée avec le développement de l’éducation formelle qui met sur les rails d’une organisation rationnelle de tous les secteurs de la vie économique, culturelle et politique. Il ne s’agit pas de faire de l’école une panacée qui ravit l’individu à un monde enchanté dans lequel des divinités contrôlent le destin de l’individu et de la collectivité. Cela supposerait en creux que je perçois la société haïtienne comme une société pré-moderne encore primitive, enlisée dans des représentations magico-religieuses du monde et insouciante de son développement : ce n’est pas cette perspective qui prévaut ici dans mon propos. Mais l’éducation formelle ouverte à tous les Haïtiens de manière égale génèrerait plusieurs effets dynamiques, au niveau individuel et collectif. Elle permettrait tout d’abord de donner à chacun une chance de construire son avenir. L’éducation formelle créerait ensuite une masse critique d’Haïtiens se sentant appartenir à une même nation. C’est en effet l’école qui peut produire la nation, rendre l’individu sensible à une acceptation de règles communes et faire comprendre la nécessité de l’intérêt collectif. Comment la démocratisation de la société serait-elle possible en dehors d’une articulation des intérêts individuels aux intérêts collectifs ? En Haïti, les élections présidentielles et législatives ont été jusqu’ici des occasions de manipulation et d’exploitation des masses de pauvres et d’analphabètes dépourvus d’informations critiques sur le pouvoir, l’économie du pays et l’évolution du monde. Jusqu’ici on remettait à un ministère la responsabilité de l’éducation nationale. Il faudrait plutôt que toutes les instances du gouvernement participent à l’objectif de scolarisation universelle et visent la progression du nombre d’Haïtiens intégrés dans le système éducatif

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